Plusieurs techniques permettent de
visualiser en vrai volume les objets. La plus connue et la plus
répandue est l’holographie.
Les hologrammes, réservés pendant longtemps aux
musées et aux attractions, se sont miniaturisés et
répandus grâce au sécuritaire comme sur les cartes
bleues. Mais les hologrammes demeurent par la qualité et la
magie de leurs représentations un support de choix pour le
publicitaire et le ludique. Loin d’être figé, le
monde de l’holographie est bouleversé par
l’arrivée de nouvelles techniques numériques mais
aussi par la mise au point de nouvelles émulsions.
Les principes de l’holographie
Comme pour une photographie, la technique de l’holographie
consiste à imprimer une plaque recouverte de gélatine
photosensible avec la lumière provenant d’un objet. Mais
en photographie on se contente d’enregistrer
l’intensité de la lumière provenant d’un
objet. En holographie les variations de phase de la lumière sont
enregistrées grâce aux interférences d’un
laser séparé en deux rayons. La première partie du
faisceau est dirigée directement vers la plaque tandis que la
deuxième partie du faisceau est orientée sur - et donc
diffusée par - l’objet à enregistrer.
Depuis son point de vue propre, chaque micro-partie de la plaque
enregistre les interférences provenant de la diffusion de
l’ensemble de l’objet observée. Cela explique que
l’on peut ensuite, lors de la restitution, observer l’objet
sous différents points de vue, comme s’il était
présent en volume. Cela explique aussi que si la plaque
holographique se casse, chaque morceau continue à restituer
l’intégralité de l’image avec un angle de
vision réduit.
Deux grandes familles d’hologrammes existent, en transmission et
en réflexion. Les hologrammes en transmission sont plus faciles
à fabriquer car les deux faisceaux incidents sont situés
du même côté de la gélatine mais ils
nécessitent à la visualisation un laser identique
à celui utilisé pour l’enregistrement. Les
hologrammes en réflexion où les deux faisceaux ne sont
pas situés du même côté de la plaque,
sélectionnent eux-mêmes leur fréquence de
restitution et sont donc visibles en lumière blanche.
Néanmoins, même les hologrammes en réflexion sont
mieux restitués si la source d’éclairage est
correctement choisie.
L’holographie
s’industrialise
Ces dernières années, l’enjeu des grands groupes a
été d’industrialiser le processus de fabrication
des hologrammes, et en particulier d’être en mesure de
délivrer de grandes quantités de copies à moindre
coût. DuPont de Nemours a en particulier sorti un nouveau
photopolymère qui présente des caractéristiques
remarquables. La compagnie américaine Zebra Imaging,
créée en 1996, industrialise la fabrication
d’hologrammes à partir de ce nouveau matériau.
Zebra fabrique des plaques de 60cm par 60cm qui sont juxtaposables en
panneau. Une démonstration en a été fournie au
salon automobile de Détroit en 1999 pour une voiture Ford mise
en hologramme sur un support assemblé de 2m40 par 1m20. Les
couleurs sont réelles et les angles de vue sont assez
remarquables, de l’ordre de 110° en horizontal et 90° en
vertical. Ces hologrammes peuvent comporter une animation de quatre
à cinq secondes, visible lors d’un déplacement
latéral. Zebra offre à ses clients la possibilité
de fabriquer de grandes quantités de copies par contacts.
Les frères Gentet créent
l’émulsion ultime
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Mais pendant ce temps, dans leur
laboratoire girondin, Yves Gentet,
ancien ingénieur de Sextant Avionique spécialisé
en optique, et son frère Philippe ont mis au point une
émulsion incomparablement meilleure que celle de Dupont
qu’ils ont nommé l’Ultimate Emulsion.
Extrêmement transparente et lumineuse, cette émulsion
restitue de manière photographique les couleurs réelles.
L’hypersensibilité de ce matériau leur permet
d’exposer en un temps record : 20 secondes pour une plaque
de 30cm par 40cm. Cela en fait un outil de duplicata idéal pour
les musées qui peuvent ainsi enregistrer leurs objets fragiles
avec un laser de faible puissance.
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Yves Gentet
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Il est évident que cette émulsion, à condition que
sa fabrication se révèle reproductible aisément,
intéresse très fortement les industriels en particulier
pour la réalisation de leurs masters. Yves Gentet
précise : “ Le marché et le financement
de l’holographie sont américains. Nous sommes donc en
train de finaliser un accord avec un partenaire américain pour
démarrer la commercialisation de l’Ultimate cet
été et développer son
industrialisation. ”
Un rêve coûteux :
animer des volumes
Allons plus loin. Deux pistes principales sont explorées pour
l’animation temps réel de volumes :
l’holographie animée et la projection de lasers sur des
surfaces tournant à grande vitesse.
La réalisation d’hologrammes animés est très
prospectif étant donné la lourdeur nécessaire pour
générer le flux énorme de données
nécessaire. Néanmoins certains y croient à terme.
Holographic Imaging LCC a été créé en
décembre dernier par Ford et par DERA (l’agence de
recherche de la défense anglaise), avec comme objectif la mise
au point d’une station de travail interactive
générant en temps réel un hologramme animé.
Une autre technique déjà opérationnelle, consiste
à projeter des lasers sur une hélice tournant si
rapidement qu’elle en devient invisible. Seule subsiste
l’impression visuelle des points de laser en intersection avec
l’hélice. La scène volumique est décrite par
des voxels générés en temps réel. Les
observateurs peuvent tourner sur 360° autour de l’objet
virtuel, protégé par un dôme transparent. Les
premières applications sont pour les sous-marins (simulation de
l’environnement) et pour les tours de contrôle des
aéroports (simulation de l’espace aérien). Les
inventeurs espèrent pouvoir démocratiser rapidement ce
procédé étonnant.
Pour en savoir plus :
Atelier Holographique de Paris – www.atholpar.com
Yves Gentet - perso.wanadoo.fr/holographie/
Zebra Imaging - www.zebraimaging.com/
Felix, système volumique à hélice -
www.vdivde-it.de/felix/
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Pascal Gauchet
Atelier Holographique
de Paris
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Créé en 1986 par Pascal Gauchet et Dominique Sevray,
l’Atelier
Holographique de Paris a démarré par la fabrication
d’hologrammes
analogiques de très bonne définition puisque la source
était du 35 mm.
Mais cette technique n’offrait guère de souplesse et
obligeait à
acquérir les objets à l’échelle 1 :1.
“ Heureusement, sont arrivés les
nouvelles techniques du multimédia et les LCD.
L’holographie numérique
pour nous a démarré en 1993 avec un premier test avec un
LCD pour la
reproduction du Globe terrestre de Martin Behaïm. Depuis, nous
avons
fait de nombreux hologrammes à partir de modèles
virtuels, ou à partir
d’objets réels saisis en vidéo. On a gagné
énormément en souplesse de
travail mais on a perdu en définition. ” explique Pascal
Gauchet.
Depuis quelques mois, l’Atelier Holographique distribue les
produits de
Zebra. Pascal Gauchet est confiant dans leur potentiel
technologique :
“ Plusieurs techniques sont en cours de mise au point dont
un procédé
de fabrication automatique d’hologrammes destiné aux
industriels qui
veulent une représentation volumique de leur maquette virtuelle.
L’avantage de l’holographie est de permettre un travail
collaboratif
autour d’un volume sans être gêné par le fait
de devoir mettre des
lunettes. Zebra travaille aussi sur un éclairage des hologrammes
contrôlé par une bande latérale, permettant de
s’affranchir des
contraintes actuelles des éclairages directionnels
externes. La
nouvelle émulsion d’Yves Gentet arrive à point
nommé pour s’insérer
dans un environnement industriel en mutation. ”
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© juillet/aout
2001 François Ploye et Pixel SA