Dossier relief
: Matériel,
le relief se démocratise
Les techniques de restitution du relief à partir
d’un couple d’images
stéréoscopiques peuvent être
classées en deux grandes familles. Dans la
première, la séparation s’effectue au
niveau des lunettes ou du casque portés par le spectateur.
Dans la deuxième, la séparation
s’effectue au niveau de l’écran.
C’est le secteur très dynamique de
l’auto-stéréoscopie.
IMAX,
le précurseur
Pour la visualisation du relief avec lunettes sur station de travail ou
en vidéo-projection, deux technologies cohabitent,
développées toutes deux par la
société canadienne IMAX. Les lunettes dites
actives possèdent des volets à cristaux liquides
sur chaque œil, dont l’ouverture et la fermeture
sont synchronisées avec l’alternance des images
affichées ou projetées. L’autre
technique fonctionne avec une projection polarisée. Deux
filtres polarisés à 90° l’un de
l’autre, placés en sortie des tubes des deux
projecteurs. Les spectateurs portent des lunettes dites passives, dont
la polarisation permet de sélectionner l’image
destinée à chaque œil. Quant aux
écrans d’ordinateur, c’est une
polarisation circulaire variable dans le temps qui est
utilisée. Un shutter actif, placé devant
l’écran, polarise différemment les
trames paires et impaires. Avantage appréciable du
circulaire par rapport au linéaire, les spectateurs peuvent
pencher la tête sur le côté sans perdre
le relief.
Deux sociétés principales se partagent le
marché des produits professionnels. Pour François
Daudet, directeur commercial de Sim Team, « il
n’y a pas eu de révolution récente, les
deux références en actif ou en polarisant, sont
toujours Nuvision et Stereographics. Pour les lunettes actives, nous
conseillons plutôt Nuvision, dont les produits
coûtent environ deux fois moins que ceux de leurs
concurrents, à environ 500 euros émetteur
compris, contre plus de 900 euros. »
Et
la réalité virtuelle ?
Un des axes de développement actuel des techniques
stéréoscopiques est la
réalité virtuelle, pour des applications
industrielles ou le jeu. La vision relief améliore la
sensation d’immersion du spectateur et facilite la lecture
d’objets complexes, comme des labyrinthes, des moteurs ou des
molécules. Deux systèmes d’immersion en
relief pour la réalité virtuelle coexistent, les
grands écrans et les systèmes portatifs, lunettes
ou casques de réalité virtuelle, qui permettent
aisément de regarder dans toutes les directions, tout en
restant dans l’univers virtuel.
Casques ou lunettes fonctionnent avec deux petits écrans
miniatures placés près des yeux et
accrochés à la tête. Pour parfaire la
crédibilité de l’immersion dans un
monde virtuelle, le point de vue peut être
recalculé en temps réel en fonction des
mouvements de la tête de l’observateur. Ce qui
s’obtient en plaçant un capteur de position (et
d’orientation) sur la tête de
l’observateur relié à
l’ordinateur. Deux types d’écrans, LCD
ou le CRT qui pour des applications haut de gamme. Christophe Chartier
précise : « la
démocratisation se fait avec des lunettes LCD
très populaires, comme I-Glasses ou Cy-Visor, à
environ 2500 euros hors capteurs, mais la très grande
majorité des applications ne sont pas en relief. A
l’autre extrémité, on trouve un produit
comme nVisor SX de Nvis, d’une qualité superbe,
avec une vision sur 60° en 1280x1024, mais qui vaut environ
23900 Euros. Il est désolant qu’il n’y
ait pas de produit dans la gamme moyenne. »
Même constat chez Sim Team, « le
marché n’est pas très dynamique,
explique François Daudet, quelques produits haut de gamme
sont sortis, mais qui décollent peu, comme le Trivisio, avec
restitution temps réel dans le casque, des images de deux
caméras mélangées avec de
l’image de synthèse. Ils peuvent servir pour de la
réalité augmentée. »
Des
vidéo-projecteurs qui décoiffent
La révolution en relief vient plutôt de la
vidéo-projection. Les coûts ont
considérablement baissé ces dernières
années, avec l’arrivée de projecteurs
à micro-miroirs DLP (Digital Light Processing) ou
à cristaux liquides LCD. La technologie cathodique qui avait
pourtant fait ses preuves en qualité de restitution couleurs
et en fiabilité est en train de disparaître. Ses
défauts sont nombreux, pas assez de lumière, trop
lourd, trop gourmand en énergie. Christophe Chartier,
directeur commercial chez Immersion, témoigne
« nous pouvons proposer depuis peu des projecteurs
DLP de très bonne qualité de la
société norvégienne Projection Design.
Petits, légers et silencieux, leur coût global
varie de 20 000 à 50 000 euros, suivant la
configuration, qui va depuis la projection frontale
jusqu’à la rétro-projection avec
écran translucide. De plus les chemins optiques des
projecteurs peuvent être décalés en
usine pour obtenir un écart entre les deux projecteurs, qui
se rapproche de l’écart moyen entre les
yeux. Nos clients sont ravis. »
En revanche, pour la vidéo-projection par
stéréo active qui nécessite une
fréquence d’affichage
élevée, le tritube cathodique reste
privilégié. La technologie LCD étant
rémanente, n’est pas adaptée aux hautes
fréquences, et s’il apparaît des DLP
stéréo qui montent suffisamment haut en
fréquences, ils sont encore très
coûteux. Le projecteur seul vaut environ 45 000
euros pour une luminosité à 2000 lumen moyenne.
Enfin, il ne faut pas oublier que la vidéo-projection en
relief, nécessite un écran de projection avec un
traitement de surface spécifique qui ne
dépolarise pas la lumière.
« il existe pour les rétro-projections,
un nouveau matériau souple et transportable,
précise François Daudet, on a donc une solution
peu encombrante et légère. Mais la meilleure
qualité en rétro-projection est toujours sur
écran rigide. »
Pour
en savoir plus :
Distributeurs :
Immersion : http://www.immersion.fr
Sim Team : http://www.simteam.com
Constructeurs :
Nuvision : http://www.nuvision3d.com/
Stereographics : http://www.stereographics.com/
Projection Design : http://www.projectiondesign.com
Nvis Inc. : http://www.nvisinc.com/
Cy-Visor : http://www.personaldisplay.com/english/default.html
I-Glasses : http://www.i-glasses.com
Trivisio : http://www.trivisio.com/
Auto-stéréoscopie
L’auto-stéréoscopie, ou le relief sans
lunette, est en pleine effervescence. La technique la plus efficace
consiste à poser
à la surface de l'écran regardé, un
écran lenticulaire, constitué d’un
réseau de micro-lentilles, gravé au micron
près. D’autres technologies existent, plus faciles
à industrialiser, même si leur qualité
est moindre. C'est typiquement le cas de la barrière de
parallaxe, principe retenu par Sharp pour ses nouveaux portables Actius
RD3D. Un deuxième écran LCD constitué
de colonnes alternativement transparentes et opaques est
placé entre l'écran LCD et son
rétro-éclairage. Ce qui permet de voir des
colonnes de pixels différents avec chaque oeil. Ils sont
commercialisés depuis novembre dernier à environ
trois mille dollars. Pour François Daudet, parmi la
floraison de technologies « deux
évolutions importantes sont repérables. La
première est celle des réseaux lenticulaires, qui
avec des écrans comme le dernier-né
destiné aux plasma 50 pouces de Pierre Allio, offrent une
qualité remarquable. La deuxième
évolution est spécifique aux postes de travail,
il s’agit d’outils comme SeeReal, qui effectuent un
tracking optique de la position de l’observateur. Un filtre
auto-stéréoscopiques peut alors être
déplacé en temps réel devant
l’écran pour que l’utilisateur garde un
relief correct lors de ses mouvements de
tête. »
Pour en savoir plus :
Alioscopie : http://www.alioscopy.com/